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  • 17/9/2013
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Nature des liens entre l’Economie islamique et tous les autres éléments de l’Islam (1)

l’economie islamique

   Nous ne pouvons pas mettre en évidence, dans cet exposé, tous les aspects de cette corrélation dans l’Economie islamique, ni les aspects de la corrélation et de l’interaction entre elle et toutes les caractéristiques et les autres éléments islamiques qui lui sont liés. Aussi nous bornerons-nous à en citer quelques exemples.

   Le lien de l’Economie islamique avec la Croyance, laquelle est la source de l’approvisionnement spirituel de la Doctrine. En effet, la Croyance pousse le Musulman à s’adapter à la Doctrine, celle-ci étant l’émanation de celle-là, ce qui confère à la Doctrine un caractère de Foi et une valeur subjective -abstraction faite de la qualité des résultats objectifs qu’elle (la Doctrine) enregistre sur le plan pratique- et crée dans l’âme du Musulman un sentiment de sécurité intérieure au sein de la Doctrine -celle-ci étant considérée comme émanant de la Croyance à laquelle il adhère. Ainsi, la force de la garantie de l’exécution, le caractère de Foi et de spiritualité, la sécurité intérieure,.. toutes ces caractéristiques constituent des traits qui distinguent l’Economie islamique grâce à la Croyance fondamentale sur laquelle elle repose, et dans le cadre général duquel elle se forme. C’est pourquoi ces caractéristiques n’apparaissent pour le chercheur que s’il étudie l’Economie islamique à la lumière de la Foi et voit dans quelle mesure elle est en interaction avec celle-ci.

L’attachement de l’Economie islamique aux conceptions islamiques de l’univers et de la vie, et sa façon propre d’interpréter les choses, tels que la conception islamique de la propriété privée et du gain. En effet, l’Islam considère la propriété comme un droit de patronage impliquant une responsabilité, et non pas comme un pouvoir absolu. De même, il confère au gain une conception plus étendue et plus large que ne lui donne le calcul purement matériel, en faisant entrer dans le cadre du gain, dans cette acception islamique, beaucoup d’activités considérées comme une perte dans une optique non islamique.

   Il est naturel que cette conception islamique de la propriété laisse une trace dans la façon de jouir du droit de la propriété privée et de sa limitation, conformément à son cadre islamique. De même, il est naturel que le domaine économique soit affecté lui aussi par la conception islamique du gain et par le degré que détermine la profondeur et la concentration de la conception; et par conséquent, celle-ci influe sur le cours de l’Economie islamique pendant son application. L’Economie islamique doit donc être étudiée à travers ces données, et il n’est pas permis de l’isoler de l’influence de différentes conceptions à travers l’application.

   Le lien de l’Economie islamique avec les sentiments et passions que l’Islam diffuse dans le milieu islamique et qui sont fondés sur ses conceptions particulières. Il s’agit des sentiments tels que la fraternité générale, qui fait jaillir dans le coeur de chaque Musulman une fontaine d’amour pour autrui, et de partage des malheurs et des joies d’autrui. Cette fontaine s’enrichit et jaillit au prorata du degré du sentiment passionnel de fraternité, de la fusion de l’entité spirituelle de l’homme avec les passions islamiques. Ces sentiments et passions jouent un rôle important dans l’adaptation de la vie économique, et soutiennent la Doctrine dans les buts qu’elle poursuit.

   Le lien entre la Doctrine économique et la politique financière de l’Etat, au point que celui-ci permet de considérer sa politique financière comme une partie du programme de la Doctrine économique de l’Islam, la politique financière de l’Etat étant constituée de sorte à se rencontrer avec la politique économique générale et à œuvrer en vue de réaliser les buts de l’Economie islamique. La politique financière en Islam ne se contente pas de couvrir les frais nécessaires de l’Etat, mais vise à contribuer au rétablissement de l’équilibre social et de la solidarité publique. C’est pourquoi il était nécessaire de considérer la politique financière comme une partie de la politique économique générale, et d’insérer les statuts relatifs à l’organisation financière de l’Etat dans la structure de la réglementation générale de la vie économique, comme nous allons le voir dans les chapitres prochains.

   Le lien entre l’Economie islamique et le régime politique en Islam. Car la séparation entre les deux conduit à une erreur dans l’étude. En effet, l’autorité gouvernante a de larges pouvoirs économiques ainsi que de grandes propriétés dont elle dispose à sa guise et selon son appréciation. Ces pouvoirs et propriétés doivent être toujours étudiés en même temps que l’autorité en Islam, ainsi que les garanties que celui-ci exige quant à l’intégrité et à la droiture du détenteur de l’autorité, garanties qui doivent être traduites par son infaillibilité ou son attachement à la concertation et à la justice, et qui sont exigées par les différentes écoles juridiques islamiques. C’est à la lumière de ces garanties que nous pouvons étudier la place de l’Etat dans la Doctrine économique et croire à la juste nécessité de conférer à ce dernier les pouvoirs et les droits que lui prescrit l’Islam.

Le lien entre l’abolition du capital usuraire et les autres statuts islamiques relatifs à la spéculation, à la solidarité générale et à l’équilibre social. Si l’on étudie isolément la prohibition de l’intérêt usuraire, on trouvera qu’elle est de nature à poser de graves problèmes pour la vie économique. Mais si nous la considérons comme une partie d’une seule et même opération jumelée, nous remarquerons que l’Islam a trouvé auxdits problèmes des solutions claires et appropriées à la nature, aux buts et aux objectifs de la Législation islamique, et ce grâce à ses statuts relatifs à la spéculation, à l’équilibre, à la solidarité et à l’argent, comme nous le verrons plus loin.

   Le lien entre certains statuts de la propriété privée dans l’Economie islamique et les statuts du Jihãd qui régissent les relations des Musulmans avec les non-musulmans pendant la guerre. En effet, l’Islam a permis au Tuteur d’asservir les prisonniers de guerre, considérés comme une partie du butin, et de les partager entre les combattants, au même titre que les autres parties du butin. Les ennemis de l’Islam, les croisés, ont l’habitude de présenter ce statut de la Législation islamique séparément de ses conditions et de ses circonstances pour faire croire que l’Islam constitue une de ces législations esclavagistes et d’asservissement que l’homme a connues depuis les époques les plus sombres de l’Histoire, et que seules les civilisations européennes modernes, qui auraient libéré l’humanité et l’auraient débarrassée de la boue et de l’humiliation, pourraient sauver l’homme de cette législation.

Source: AL-SADR. Mohammed Bãqir, Notre économie, Traduit de l'arabe et édité par Abbas Ahmad Al-Bostani, éd. La cité du savoir, Canada.

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