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Le professeur Bãstãni Pãrizi (1)

le professeur bãstãni pãrizi

   Mohammad Ebrãhim Bãstãni Pãrizi est un éminent historien et auteur d’une grande partie des travaux modernes sur l’Histoire de l’Iran. Il a écrit plus de soixante livres et des centaines d’articles sur l’histoire de l’Iran, sa géographie, ainsi que sa littérature. Il fut également enseignant et a apporté une grande contribution au savoir historique. Ayant une profonde affection pour son Kermãn natal, il décrit cette ville ancienne du centre de l’Iran dans la plupart de ses œuvres.

Selon lui, Kermãn est un hologramme à travers lequel nous pouvons explorer l’Histoire de la civilisation iranienne.

    Le professeur Bãstãni Pãrizi a enseigné à la Faculté de littérature de l’Université de Téhéran pendant plus de cinq décennies. Ses publications les plus importantes sont L’Environnement politique et la vie de Moshir-od-Doleh (1962), L’Epopée de Kavir (1967), La politique et l’économie de l’époque safavide (1969), et L’Histoire de Kermãn (1973). Outre son travail académique et scientifique prolifique, Bãstãni Pãrizi a également publié un recueil de poèmes.

   Bãstãni Pãrizi a enseigné l’Histoire au travers de ses cours et de sa vaste œuvre écrite, revêtant ce savoir de littérature, d’humour et de proverbes et faisant de son apprentissage un véritable plaisir pour le lecteur. C’est une méthode par laquelle l’enseignement du savoir perd son caractère rigide et permet de déchiffrer plus facilement les énigmes de l’Histoire.

Depuis des millénaires, les voisins de Kermãn ont été à la source de l’apparition de civilisations extraordinaires comme celle de Jiroft.

   Cinq mille ans après, et plus précisément en 1925, un enfant prodige naîtra sur ce sol dans les montagnes de Pãriz. Il deviendra un homme dont les écrits influenceront profondément la science de l’Histoire de son pays. Son père était le directeur d’une école comprenant quatre classes au village de Pãriz situé à proximité de Sirjãn, une ville à l’ouest de la province de Kermãn. Sa mère était la fille d’un agriculteur relativement aisé. Les familles de ses parents occupaient une position sociale élevée: son père était à la fois moine, orateur, chanteur et animateur des théâtres religieux et sa mère appartenant à une famille fortunée de Pãriz qui était de la descendance de Khãjeh Naghshband.

Après avoir étudié à l’école de Pãriz jusqu’à la quatrième année (l’équivalent du CM1), Mohammad Ebrãhim se rendit ensuite à Sirjãn où il termina ses études secondaires, puis reçut une formation préuniversitaire à Kermãn.

   Il gagna ensuite Téhéran pour intégrer l’Université de Téhéran et fut reçu au concours lui permettant d’enseigner l’Histoire au lycée en 1945. Il rentra ensuite à Kermãn et devint professeur au lycée. La raison pour laquelle il avait choisi d’étudier au lycée de Kermãn - située à 250 km de Pãriz - était que l’établissement lui accordait une bourse de 80 rials par mois et permettait aux élèves de résider dans son internat. Dans un poème, il décrit la douceur de son enfance et sa jeunesse où il fut témoin des événements de la Seconde Guerre mondiale. Pendant l’occupation de son pays, il traduisit (de l’arabe) des articles pour les journaux de Téhéran, il écrivit des poèmes et participa à des séminaires littéraires. C’était une époque passionnée qui vit la parution en 1945 à Kermãn de son premier livre intitulé Le Prophète des Voleurs, contenant les lettres humoristiques de Mohammad Hassan Zeid Abãdi.

L’intérêt de Bãstãni Pãrizi pour l’histoire avait été éveillé dès son enfance, lorsque son père lui racontait les événements du passé.

    Après sept années d’enseignement au lycée, il revint à Téhéran pour faire un doctorat en Histoire tout en travaillant au Musée national d’Iran, puis pour la revue de la faculté des Lettres. Sa thèse est intitulée L’Histoire de l’Iran ancien du point de vue d’Ibn Asir et le regretté Saïd Nafisi en fut le directeur. Elle est l’une des rares thèses à avoir alors été publiée. Il devint ensuite titulaire d’une chaire universitaire au sein de la faculté de la littérature où il travailla jusqu’à sa retraite.

   Concernant ses articles, juste après avoir abandonné ses études primaires au bout de la cinquième année (pour les reprendre deux ans plus tard), il fit publier à Pãriz son premier article intitulé La faute est aux hommes, et non aux femmes, article dont le but était de présenter une ébauche du féminisme. La revue Bidãri (Réveil) dirigée par Mohammad Hãshemi Kermãni avait publié cet article. Lorsqu’il vivait encore à Pãriz, des revues et journaux arrivaient à l’adresse de son père et il avait toujours un grand plaisir à les lire. Il finit par publier lui-même une sorte de journal manuscrit qui contenait trois à quatre pages et dont l’un des premiers abonnés fut son propre maître à l’école, Sayyed Ahmad Hedãyat Zãdeh.

C’est alors qu’il se tourna également vers l’écriture de poèmes dont le premier recueil fut publié en février 1959 sous le titre de Mon Souvenir. Le poète y exprime son souhait ardent pour la pluie dans un pays sec que la soif tourmente.

Bibliographie:

- Bãstãni Pãrizi, Mohammad Ebrãhim, De Pãriz à Paris, éd. Javidân, Téhéran, 1972.

- Bãstãni Pãrizi, Mohammad Ebrãhim, Les joueurs du château vert, éd Amir Kabir, Téhéran, 1994.

- Bãstãni Pãrizi, Mohammad Ebrãhim, Le loup expérimenté, éd. Niloufar, Téhéran, 2011.

- Une fourmi en détresse, entretien avec Bãstãni Pãrizi, revue Boukhãrã, no. 46.

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