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  • 4/6/2015
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L’histoire du verre et de la verrerie dans le monde (2)

verre fabriqué en iran

  Divers motifs de verres transparents, notamment les formes en mosaïques multicolores appelées "millefiori" [1], les verres en rétichello, entrecroisement des fils créant un motif de résille, et des verres polychromes étaient d’un usage répandu à l’époque hellénistique. L’utilisation du verre fut démocratisée, au cours du 1er siècle av. J.-C., à l’aide de l’invention de la technique de soufflage à la canne [2] qui donna un coup de pouce à l’industrie verrière. C’est alors que cette technique atteignit d’autres contrées que le Levant pour envahir plus tard toute l’Europe. Au Moyen-âge, l’usage de verres plats soufflés, notamment pour la fabrication des vitraux et des rosaces, prit son essor en Europe Centrale. [3] L’ingéniosité de cette technique était telle qu’elle est encore utilisée de nos jours.

A partir du Moyen-âge, à cause de la rupture des liens entre l’Orient et l’Occident, la technique de la verrerie en Europe connut un certain déclin car les fournisseurs de sable et de verre déjà formés se trouvaient en Orient.

   Cette stagnation influa également sur l’usage des verres à vitres, ce qui explique la présence de fenêtres vitrées de petite taille de l’époque médiévale. Ce fut dans les régions germaniques que l’on trouva une solution à ce problème en mettant en place une fabrication de verre à base de potasse qui favorisa le développement de l’industrie des plats en verre ou des feuilles de verre au Moyen-âge tardif. [4] On remarque donc le fleurissement de nouvelles techniques verrières à partir de la Renaissance, les verreries vénitiennes en fournissent d’illustres exemples, plus précisément celles baptisées de "Murano". Cette petite île, située au nord de Venise et dont la technique de soufflage de verre a une renommée internationale, est à l’origine d’un procédé permettant d’obtenir le verre "cristallo". Cette méthode de fabrication assura à Venise la domination du marché du verre pendant presque deux siècles. Au cours du XVIIe siècle, les Allemands fabriquèrent des verres (à la chaux de potasse) plus fins, maniables et durables parallèlement aux Français qui mirent au point une nouvelle technique appelée "le coulage des glaces". Il fallut attendre la révolution industrielle pour que d’autres méthodes, notamment le laminage et l’étirage ainsi que la fonte en continu émergent. Les fenêtres à croisée garnies avec des verres transparents (d’habitude blancs et verts) furent le propre du XVIIIe siècle. Ces verres changeaient de noms d’après leur lieu d’origine, de même que les nuances qui les différenciaient comme le verre en manchon ou en feuille, le verre à boudine, le verre d’Alsace, le verre en table ou de Bohême, le verre double, le verre à estampe, le verre layé, le verre dépoli, etc.

De nos jours, bien que la technique de la fabrication du verre ait subi des changements, elle suit encore les mêmes lignes principales d’antan.

Notes:
[1] Douglas, R.W., A history of glassmaking, Une histoire de la fabrication du verre, Henley-on-Thames: G T Foulis,‎ 1972, p. 213.
[2] Cette technique comprenait deux étapes, une première appelée "des fours primaires" où le verre était élaboré pour être refondu dans "les fours secondaires".
[3] Heyworth, M. (1992), "Preuve de la fabrication du verre à l’époque médiévale en Europe", pp. 169-174, S. Jennings, Medieval Europe 1992: Volume 3 Technology and Innovation.
[4] Corine Maitte, Les chemins de verre - Les migrations des verriers d’Altare et de Venise (XVIe-XIXe siècles), Presses Universitaires de Rennes,‎ 2009, p. 377.

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