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Eléments d’analyse des attentats de Paris du 13 novembre 2015 (3)

attentats de paris

Hypothèse 5: d’administré protégé et source de légitimité de l’action politique, le peuple devient l’ennemi consubstantiel et principal du pouvoir réel       

   L’émergence de l’Etat profond traduit cette évolution majeure. L’Etat profond est clandestin et assure la continuité d’un pouvoir logistique qui  s’affranchit  de la volonté populaire exprimée lors d’élections devenues inutiles. L’Etat profond se manifeste ouvertement en temps de guerre quand une sorte de synarchie  composée de hauts fonctionnaires, d’industriels, de banquiers et de clercs en tout genre s’agglomère pour préserver les intérêts de la classe dirigeante d’un zone géographique donnée.

Aujourd’hui plus qu’hier, il s’agit de la haute finance, du complexe militaro-industriel, du pouvoir médiatique et d’une sorte de clergé éclectique mêlant franc-maçonnerie et millénarismes religieux, dont le sionisme.

   Le faux-semblant démocratique est maintenu vivant par une classe politique largement infantilisée à travers le jeu presque ridicule d’une alternance réduite à une opposition superficielle entre des symboles sans contenu. C’est le combat entre le rose socialiste et le bleu conservateur, lesquels ne sont ni socialiste, ni conservateur. Tous les deux servent également une hyperclasse capitaliste qui a réussi la seule véritable émancipation de ces deux derniers siècles, à savoir celle des frontières politiques de l’Etat-nation souverain qui l’a continument perturbé dans son inéluctable marche vers le pouvoir. 

Hypothèse 6: le nouveau système de domination capitaliste mondialisé    

   La destruction de l’Etat-nation souverain est une étape fondamentale de la permanence de l’assise politique de cette domination oligarchique. L’oligarchie mondialisée est un agglomérat d’élites nationales acquises à ce projet et se retrouve régulièrement lors de réunions tenues secrètes. Les grandes orientations du système capitaliste y sont décidées, les éventuels conflits d’intérêts et points de divisions entre élites y sont discutées et résolues à l’amiable. Difficilement identifiable, on peut cependant affirmer que cette élite mondialisée est acquise au projet   d’hégémonie américaine, partage un prisme anglo-saxon, favorable au sionisme  international, méfiante vis-à-vis de leur peuple respectif, confiante dans une capacité et  un droit quasi-génétique et héréditaire à diriger la société. Le temps est loin où le libéralisme classique constituait l’horizon principal d’élites éclairées  dont parle Karl Polyani dans la Grande Transformation.

Ce système a produit un système normatif particulier encadrant les activités collectives à l’échelle planétaire: il s’agit de la monnaie, du système bancaire, du marché, du système judiciaire, des forces de police, des médias, de l’agriculture, de l’éducation.

   Mais cette translation du pouvoir normatif depuis l’Etat-nation vers des organes supranationaux (Union européenne, OMC, etc.) se traduit par une anomie (a-nomos = absence de loi en grec) au niveau national, car les peuples de ces nations ne sont plus reconnus et représentés au niveau des instances internationales et sélectives du pouvoir réel. De fait, les peuples sont abandonnés à eux-mêmes et leur avis n’est jamais pris en compte.     

C’est là qu’intervient le grand faux-semblant dont nous souffrons aujourd’hui. Il y a une dichotomie béante entre le pouvoir réel (oligarchie) qui ne peut pas se prétendre publiquement tel et le pouvoir apparent (la classe politique «professionnelle» à vie) qui n’ose pas reconnaître son impuissance devant le peuple qui ne l’avait nullement  mandaté  pour se dessaisir de ce pouvoir. Un pacte faustien de forfaiture  perpétuelle s’établit donc entre le pouvoir réel exercé de fait par l’élite mondiale et le pouvoir apparent à son service (appelé aujourd’hui pouvoir politique démocratiquement élu), qui a pour principale mission de mentir au  peuple – en tant que seule source légitime de pouvoir politique - afin de faire entériner les avancements du projet mondialiste.

Ce fut le cas par exemple lors de la forfaiture commise par N.Sarkozy lors du passage en force du traité de Lisbonne malgré un refus net par le peuple lors du référendum de 2005. On le voit bien, un tel projet ne doit sa survie qu’au mensonge, au malentendu et à l’exception.

Auteur: Samizdat
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