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  • 22/6/2016
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Comment la finance se prépare à l'électrochoc d'un Brexit

brexit

 

La nuit de jeudi à vendredi s'annonce très tendue sur les marchés financiers. Surtout en cas de Brexit : la livre sterling serait victime d'une attaque spéculative. Les gros acteurs de la planète finance se sont organisés pour faire face... ou plutôt saisir «l'opportunité de la décennie» pour engranger du cash. 

 

L'excitation est à son comble sur la planète finance. Le référendum de jeudi au Royaume-Uni propose un cocktail explosif d'incertitudes aux conséquences potentiellement alarmantes. Tout ce que détestent les acteurs du monde financier. Alors ils se préparent «au pire», et s'organisent pour réagir à un krach, même furtif. De New York à Tokyo, mais surtout à la City, les équipes de traders renforcées seront sur le qui-vive dans la nuit de jeudi à vendredi, Brexit ou pas Brexit.

 

Aussi les grandes banques internationales et les hedge funds ont-ils commandé eux-mêmes des sondages post-scrutin, qui les guideront pour actionner leur stratégie d'investissement au plus vite. Si possible avant la concurrence, et sûrement avant les résultats, même partiels. En tout cas, les premières secousses se dessineront dès le début de la nuit, sur le marché des devises, qui est ouvert 24 heures sur 24.

 

Si la nuit (et la journée) de vendredi est celle de tous les dangers, c'est aussi l'«opportunité de la décennie» pour engranger du cash en quelques (nano)secondes. Un divorce entre les Anglais et le Vieux Continent se traduirait en effet instantanément par une attaque spéculative sur la livre sterling. Même la Banque centrale d'Angleterre, au discours pourtant habituellement très cadré, s'est permise de tirer la sonnette d'alarme en estimant «de plus en plus probable» que le pound britannique chute «peut-être fortement» en cas de Brexit. Ensuite, l'ouverture des Bourses sera chahutée vendredi matin, à commencer par le Footsie de Londres, puis les autres places européennes.

 

Un «vendredi noir» en perspective? 

George Soros, -ce «gourou» de la finance de 85 ans qui s'était substantiellement enrichi en 1992, justement en attaquant violemment la livre sterling-, enfonce le clou en prévenant que ce vendredi serait «noir» si le Royaume-Uni décidait de quitter l'Union européenne. La livre pourrait chuter d'au moins 15% selon lui. Pour Christine Lagarde, la directrice du FMI, ce serait plutôt 20%. Pour le cabinet d'audit Deloitte, les enchères montent à une dévaluation de 30%. Certaines salles de marchés se sont carrément préparées à un choc allant jusqu'à 40%. Une déflagration de la livre sterling provoquerait un choc majeur sur le marché des devises -qui est de loin le plus gros marché financier du monde avec plus de 5000 milliards de dollars échangés chaque jour.

 

 

Un tel décrochage assurerait un jackpot pour ceux qui parieraient à la baisse sur la monnaie britannique, ou au contraire, à la hausse sur le dollar, ou sur l'or, ou encore le franc suisse, qui sont des valeurs dite refuge, et qui montent en cas de panique financière. En revanche, ce serait une perte sèche gigantesque pour tout investisseur qui n'aurait pas débouclé ses positions acheteuses sur le pound, par exemple.

 

Face à tant d'incertitudes (même si le «maintien» remonte dans les sondages) et de risques, les entreprises spécialisées dans le trading de devises appellent sans discontinuer leurs clients à la prudence: «Il est absolument nécessaire de ne rien anticiper quand à ce référendum. Se fier à de possibles sondages pour bâtir des stratégies de trading revient à tomber dans une forme de suicide boursier», prévient-on chez XTB. «Statistiquement, les traders particuliers sont toujours perdants en cas de grande volatilité», renchérit Yoav Nizard, analyste chez FXCM. Même appel chez Saxo Banque, qui a demandé à ses clients de «fermer toutes leurs positions sur le marché des devises, et d'attendre de connaître le résultat définitif du scrutin vendredi et que les marchés se soient calmés».

 

Car tout se joue dans la cour des géants: «ce sont les grandes banques et les hedge funds, équipés de robots et aux capacités d'investissements gigantesques, qui vont faire le marché dans la nuit de jeudi à vendredi», assure le chef économiste de la banque, qui a pourtant de gros clients, néanmoins tout petits à côté des mastodontes comme Goldman Sachs, JP Morgan, Bridgewater ou... Soros Fund.

 

Les Banques centrales prêtes à calmer la tempête 

La perspective d'un krach boursier en cas de Brexit semble si évidente que même les grandes Banques centrales de la planète se sont mises d'accord pour intervenir, de concert et en urgence, «si le pire devait arriver»: en Europe, aux États-Unis et au Japon, elles sont prêtes à injecter des milliards de dollars américains sur les marchés pour «offrir un filet de sécurité (...) et éviter l'assèchement des marchés». La dernière fois qu'une telle action concertée s'était produite, c'était peu après l'accident nucléaire de Fukushima au Japon en 2011, quand le yen a grimpé en flèche.

 

Au delà du krach, un Brexit «menacer(ait) le statut de la livre sterling en tant que monnaie de réserve, ce qui retirerait un socle important pour la note AAA du Royaume-Uni, pourtant maintenue depuis le début de la crise financière», a déjà prévenu l'agence de notation Standard & Poor's. De quoi bousculer aussi le marché des dettes souveraines, sur fond de traumatisme encore prégnant de la crise obligataire européenne de 2010.

 

source: http://www.lefigaro.fr

 

 

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