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  • 10/3/2008
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Ressemblance, Non ; Egalité, Oui (2)

   Il est à rappeler que nous disons que c’est la justice naturelle qui veut que, dans certains cas, il y ait dissemblance entre les droits de l’homme et ceux de la femme. Ayant trait à la philosophie des droits, cette question a un aspect philosophique à cent pour cent. Elle est également attachée au principe de la justice et de l’équité, un principe cardinal de la loi et de scholastique musulmanes. C’est le principe de l’équité qui a donné existence à la doctrine de la conformité entre la raison et la Loi Divine.

   Selon la jurisprudence musulmane, ou du moins chiite, s’il est établi que la justice ou l’équité exige que, dans certains cas, la loi doive avoir une forme donnée plutôt qu’une autre forme, sinon elle serait injustice et iniquité, on doit approuver cette forme donnée (exigée là par la justice) et non l’autre forme, sinon la loi en question équivaudrait à une injustice et à une iniquité. C’est pourquoi la Chari’ah, conformément au principe qu’elle a posé elle-même, ne sortira jamais de l’axe de la justice et des droits naturels et innés.

justice

   Ce sont les uléma musulmans qui, armés du principe de la justice, avaient posé la fondation de la philosophie des droits, mais malheureusement, à cause de certains obstacles qui se sont dressés devant eux à travers l’histoire, ils n’ont pas pu garantir toujours l’application de ce principe dans la réalité sociale. De même, ce sont les Musulmans qui avaient été les premiers à prendre l’initiative de s’intéresser aux droits humains et au principe de la justice en tant que principes originaux et auto-existants qui sortent du cadre des lois positives. Ce sont eux aussi qui avaient posé la fondation des droits naturels et rationnels ; mais, ayant été empêchés de poursuivre ce qu’ils avaient entamé dans ce domaine, d’autres, des savants et penseurs européens, les ont imités environ huit siècles plus tard et se sont attribué leur science, et ont pu ainsi présenter à leur société des philosophies sociales, politiques et économiques d’une part, et faire prendre conscience à leurs concitoyens de la valeur de la vie et des droits de l’homme, ce qui a conduit finalement leur société à se remuer et à susciter des mouvements et des révolutions qui ont transformé l’aspect du monde.

   A notre avis, il y a, à part les facteurs historiques, un facteur psychologique et local aussi qui a conduit l’Orient musulman à se désintéresser de la question des droits rationnels dont il avait posé lui-même la première fondation. En effet, il y a une différence psychologique et morale entre l’homme oriental et l’homme occidental. L’homme oriental a un penchant pour la morale, alors que l’Occidental penche vers les droits. L’Orient affectionne la morale et l’Occident adore les droits. L’Oriental, par la force de sa nature orientale, conçoit son humanité à travers l’affection, le pardon, l’amour de son prochain, sa philanthropie et son esprit chevaleresque, alors que l’Occidental la conçoit dans la reconnaissance de ses droits, dans la défense de ceux-ci et dans sa tendance à empêcher quiconque de les lui ôter. Mais l’humanité a besoin de la morale tout comme elle a besoin des droits, car elle est liée autant à la morale qu’aux droits, et ni ceux-ci ni celle-là ne peuvent constituer le seul critère de l’humanité.

Or la religion musulmane possédait, et possède toujours, cette qualité qui consiste à s’intéresser à la fois aux droits et à la morale. De même que la fidélité, le pardon et la philanthropie sont considérés comme des valeurs morales sacrées en Islam, de même la connaissance des droits, et la défense de ces droits, sont considérées comme des questions humaines sacrées dans notre religion.

Source: MUTAHARI. Mortadhã, Les Droits de la femme en Islam, Traduit par al-Bostani, éd. Ansariyan, Téhéran, 2002, PP.69-71.

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