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  • 26/8/2008
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Les non-dits de la vie d’Imãd Moughniyeh, révélés par l’un de ses compagnons (2)

- Connaissiez-vous Imãd Moughniyeh par son vrai nom ?

Anis Naccache: Non, car à l’époque il portait un autre nom. Je savais pourtant que lui et ses amis étaient tous originaires du sud du Liban. J’étais régulièrement en contact avec eux, et ils me demandaient souvent conseil, même lorsqu’ils voulaient, par exemple, faire du commerce, ou voulaient continuer leurs études. Par exemple, il y a parmi eux, quinze oulémas célèbres du Liban, qui se trouvent tous aujourd’hui à Qom. Quant à Imãd, je n’ai jamais dit que j’avais des contacts avec lui, sauf aujourd’hui, bien sûr, que je révèle cette vérité.

imad moughniyeh

- Quel était le lien du martyr Moughniyeh avec Yasser  Arafãt?

Anis Naccache: Il avait une relation très étroite avec  Arafãt. Ils avaient cependant des divergences politiques. Hãdj Imãd disait qu’Arafãt n’était pas un traître, mais un homme très courageux avec qui il était possible d’envisager l’application de certaines opérations. Jusqu’à la fin de la vie d’Arafãt, Imãd avait de très bonnes relations avec lui.

- Est-il vrai qu’Imãd Moughniyeh était membre du groupe 17 et un garde du corps d’ Arafãt?

Anis Naccache: Non, ce n’est pas juste. Imãd avait des relations avec des hommes qui étaient membres du groupe 17, mais il n’y avait jamais adhéré. Il serait possible qu’il aurait eu certaines coopérations avec ce groupe. Ses relations avec  Arafãt étaient tout à fait personnelles.

 Après ma libération de la prison, en France, en 1990, je me suis rendu en Tunisie, et j’y ai rencontré Yasser Arafãt. Nous nous sommes entretenus de la situation du sud du Liban, car il y avait, à l’époque, certains problèmes entre le mouvement Amal, le Hezbollah et le Fatãh.

   J’insistais sur la nécessité de la coopération du Fatãh avec le Hezbollah dans le combat dans le sud du Liban.  Arafãt disait: «C’est difficile, voire impossible.» finalement,  Arafãt m’a dit: «J’accomplirai mon devoir pour rentrer dans le sud du Liban pour me battre, à condition que Hãdj Imãd soit d’accord.» Cela m’a étonné d’entendre  Arafãt dire cela. Lorsque je suis rentré au Liban, Hãdj Imãd a confirmé qu’il avait de très étroites relations avec Yasser Arafãt.

imad moughniyeh

- Quand est-ce que cela s’est produit?

Anis Naccache: C’était juste deux semaines après l’invasion du Koweït par Saddãm Hussayn, en octobre 1990. Hãdj Imãd m’a dit:

«Oui, j’ai encore des contacts avec Yasser  Arafãt. Je ne lui conseillerai pas de rentrer au Liban. Car la chose la plus importante dans le sud du Liban, face aux agressions d’Israël, c’est que les habitants du sud doivent se défendre eux-mêmes face aux Israéliens, et que les Palestiniens devront faire de même chez eux, en palestine. En effet, nous connaissons parfaitement notre territoire, nos villes et nos villages

- Avez-vous participé conjointement à une opération en compagnie de Hãdj Imãd?

Anis Naccache: Non.

- Quand est-ce que vous l’avez rencontré pour la dernière fois?

Anis Naccache: Après la guerre de 33 jours, il y a environ un an.

anis naccache

- Comment l’avez-vous trouvé du point de vue moral? Croyait-il encore à la victoire?

Anis Naccache: Il croyait fermement en une grande victoire. Il disait tout de même que pendant la guerre, certaines erreurs s’étaient produites. Il en avait collecté toutes les informations nécessaires et était en train de les étudier afin de pouvoir les corriger. Il avait formé un grand groupe, et élaboré un programme pour l’avenir. Lorsqu’il était jeune, il avait appris de moi de préparer ses plans de combat d’avance.

A cette époque-là, il y avait encore la guerre civile au Liban. Je me suis rendu dans les régions du sud et j’y ai élaboré un programme pour lutter contre les sionistes.

   Je disais toujours à mes hommes que nous devons toujours devancer les sionistes dans nos programmations. Nous ne devons pas attendre qu’ils agissent, pour que nous élaborions après nos projets. Je disais toujours que nos forces devaient être constamment prêtes à se battre. Nous devons constamment collecter les informations. Ainsi dès l’attaque des forces israéliennes, nous serons en mesure de riposter. Hãdj Imãd savait très bien que cette phase était d’une importance vitale. Par conséquent, nos forces se sont toutes déplacées vers le sud du Liban pour se battre contre Israël. En 1977, un an avant la victoire de la Révolution islamique en Iran, les forces israéliennes ont occupé les régions du sud du Liban et elles ont avancé jusqu’au fleuve Litani. J’ai agi avant les forces du Hezbollah et j’ai formé le premier groupe de la Résistance libanaise, en dehors du mouvement Fatãh.

Source: www.taghrib.ir

 

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