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Foucault et la Révolution Islamique d’Iran (2)

la révolution islamique d’iran

Mohammad Bāqir Khorramchād

   L’analyse de Foucault sur la Révolution, en l’occurrence la Révolution islamique d’Iran, reflète ses conceptions de "l’histoire" et du "pouvoir". Sa conception nouvelle de l’histoire est marquée par des "coupures épistémologiques". Le début, la coupure, l’évolution fondamentale, la transformation et la métamorphose, ..." constituent les expressions qu’il utilise pour exprimer sa conception sur l’histoire.

La théorie de Foucault de l’histoire est basée sur des changements fondamentaux qu’il envisageait exercer sur les principes qui régnaient, depuis toujours, l’histoire. L’Histoire de la Folie, La Naissance de la Clinique et Les Mots et les Choses mettent en jour la conception et les analyses de Foucault.

   Dans L’archéologie du savoir, il parle d’une histoire qui «est l’incarnation d’une impatience prolongée aussi bien qu’elle est un mouvement animé qui brise tous les limites et restrictions». La théorie de Foucault sur la Révolution vient, sans doute, de la dernière conception précitée. La Révolution est une coupure qui divise l’histoire, en avant et après la Révolution, et qui est considérée comme un début. La Révolution est un mouvement animé qui surmonte toutes les restrictions traditionnelles et qui réalise des changements fondamentaux.

michel foucault

   Pour Foucault, le pouvoir n’est pas une propriété, ni une instance ou structure mais "une situation stratégique compliquée". Autrement dit, dans l’optique de Foucault, mais quelque chose qui n’est pas quelque chose de possession mais d’échange.

Foucault ne considère pas le pouvoir comme un monopole mais quelque chose qui a rapport avec les mesures, les dispositions et les tactiques qu’on adopte. Le pouvoir constitue un réseau animé qui ne peut pas être monopolisé par une seule personne.

   Le pouvoir ressemble, plutôt, à un conflit permanent qu’à un accord sur le cessez-le-feu ou une triomphe qui réalise la dominance définitive d’une partie particulière. Selon Foucault «il faut admettre que le pouvoir est, plutôt, une exercice incessante qu’une dominance absolue ou une suprématie définitive. » Le pouvoir n’est pas un "privilège", monopole de la classe régnante, il est l’effet des positions stratégiques qui aboutissent, parfois, à s’aligner sur la position des classes inférieures. Le pouvoir ne se traduit pas comme des "il faut " ou des "il ne faut pas", exercés sur "ceux qui ne sont pas dotés du pouvoir". Le pouvoir est, plutôt, une chose qui entoure ces classes et qui s’avance par eux, sur lesquels il s’appuie, donc à la même manière que ces hommes font recours, dans leurs combats contre le pouvoir, aux mêmes leviers que le pouvoir a choisis contre eux. Quatre points expriment cette conception: ces relations trouvent leur origine dans les couches, les plus profondes de la société; ce sont des relations qu’on ne peut pas chercher, seulement, dans les relations entre le gouvernement et les civils ou dans les frontières entre les classes sociales; les relations de pouvoir ne se limitent pas à l’autoreproduction au niveau de gens, groupes, états d’âme et comportements ou bien dans la forme globale de la loi et du gouvernement; bien qu’il existe une sorte de continuité dans ses relations, qui « dans ce cas, les relations de pouvoir s’avancent sur les roues dentée compliquées » dans lesquelles il n’existe ni ressemblance ni proximité. Ce qui se passe est la caractéristique du mécanisme et sa modalité. Ces relations ne sont pas convergentes mais représentent plusieurs points de différence; des foyers instables dont chacun risque apporter des conflits, combats et renversements, au moins provisoire, pour ces relations.

la révolution islamique d’iran

   Ainsi, vu la complication de la "situation stratégique" du pouvoir et "la pluralité des relations entre les pouvoirs", il existe la résistance où se trouve le pouvoir. Le réseau des relations de pouvoir est, généralement, accompagné de diverses manifestations de résistance. Ceci dit, le pouvoir n’existe qu’en relation permanente avec la résistance, la lutte et la liberté. Avec une telle conception, Foucault a étudié, de très près, lors de ses visites à Téhéran ainsi qu’à Qom les combats du peuple révolutionnaire d’Iran. Ce qui l’a conduit à conclure que «aucune des deux caractéristiques classiques des mouvements révolutionnaires, ni "les luttes de classe" voire "prise de positions sociales", ni "le dynamisme politique" et "démarches révolutionnaires de la classe Avant-garde", ne se trouvent dans la Révolution Islamique d’Iran, qui «n’appartient ni à une classe particulière, ni à un parti défini, ni à une idéologie précise ni à un groupe particulier d’avant-gardes Révolutionnaires, qui conduisent le peuple vers la révolte."

Source: Revue Le Débat, N:1, été 2004, PP.62-65.

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