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  • 13/6/2009
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Analyse des élections iraniennes: victoire de M.Ahmadinejad (1)

Rédaction Tebyan

   Selon les dernières informations officielles fournies par le ministère iranien de l’intérieur, les dixièmes élections présidentielles iraniennes depuis la révolution iranienne de février 1979 ont bénéficié d’un taux de mobilisation très élevé, autour de 85%. Le décompte des votes devrait entériner la victoire au premier tour du président sortant, Mahmoud Ahmadinejad.

le président iranien réélu mahmoud ahmadinejad
Le décompte montre en effet une forte avance pour le candidat sortant Ahmadinejad, à environ 65% des votes (soit 24 millions de votes sur 38 millions décomptés), ce qui scellerait donc sa réélection dès le premier tour.

   La campagne avait suscité un fort engouement, et une certaine tension s’était installée dans les rues de Téhéran, qui ont été témoins de prises à partie entre les deux camps opposés.

   Encore une fois, le peuple iranien crée la surprise, puisque le candidat Moussavi, crédité d’un maigre 32% (12.66 millions de votes) des votes exprimés, bénéficiait du soutien financier et logistique de quelques uns des responsables les plus hauts placés du régime islamique, dont M.Hashémi Rafsanjani. Un soutien à double tranchant, puisque M.Ahmadinejad a su encore une fois se positionner en outsider face aux puissants, alors qu’il était le président sortant.  Les deux autres candidats, Mohsen Rezai et Mahdi Karroubi, obtiennent des scores marginaux en dessous de 2 et 1% chacun. La grande innovation médiatique de cette élection fut sans conteste l’organisation par la télévision publique de débats en directs entre les candidats, qui purent ainsi exposer leur programme ou leurs griefs face à leurs concurrents.  Or, ces débats semblent avoir largement tourné à l’avantage du président sortant, alliant une éloquence vindicative à une meilleure maîtrise des dossiers techniques que les autres candidats, selon les observateurs.

   Le peuple iranien a donc accordé un nouveau mandat de quatre ans à l’équipe présidentielle en place, qui devrait toutefois être redéfinie dans les semaines qui suivent, en fonction du vote de confiance que le parlement doit accorder à chaque ministre nominalement.  Le programme de M.Ahmadinejad devrait s’inscrire dans la continuité, c"est-à-dire un vaste programme de réforme structurelle de  l’économie, destiné à passer d’une économie de rente pétrolière à une économie productive et exportatrice de biens non-pétroliers, dans le cadre d’une privatisation décrétée par le guide Suprême suite à la relecture de l’article 44 de la Constitution iranienne.

De nombreux obstacles attendent toutefois au détour le président réélu, en particulier un taux d’inflation non maîtrisé et élevé, un taux de chômage important, en particulier chez les jeunes, et l’assainissement du fonctionnement du secteur privé, avec toutes les difficultés politiques que cela implique.

   Au niveau de la politique internationale, la politique étrangère devrait rester relativement identique, ce qui exige de la politique d’ouverture voulue par Obama un changement réel de comportement sur des dossiers attendus, comme le dossier nucléaire, véritable point d’achoppement entre l’Iran et l’Occident, l’embargo et la prise en compte des intérêts iraniens dans la région. Au niveau de la politique intérieure, aucune visibilité n’est possible tant que les différents acteurs n’ont pas abattus toutes leurs cartes.

le candidat vaincu mir husain mousavi

   De toute façon, les chancelleries occidentales devront accepter la présence de M.Ahmadinejad sur la scène internationale, où il jouit d’une popularité certaine, auprès des gouvernements anti-américains d’Amérique latine, russe, chinois ou de la rue arabe. Il n’est plus question de le traiter dédaigneusement comme un trublion, en décidant par exemple, dans un ultime élan de mépris, de quitter la conférence de Durban II, au prétexte que le contenu de son discours déplaisait à tel ou tel lobby influent la politique intérieure de quelques grands pays. La diplomatie sioniste essuie ici un lourd échec. L’administration Obama a donc désormais l’occasion de prouver ses intentions véritables sur le dossier iranien et de faire suivre ses déclarations, des actes qu’elles appellent.

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