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  • 24/8/2013
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Le principe de la double propriété

economie

   Le principe de la double propriété est un des piliers de la structure générale de l’Economie islamique. L’Islam diffère substantiellement du capitalisme et du socialisme quant au type de propriété qu’il admet. La société capitaliste croit, en effet, à la forme particulière et individuelle de la propriété - c’est-à-dire la propriété privée - comme règle générale. Elle reconnaît aux individus le droit à la propriété privée de toutes les sortes de richesses du pays selon leurs activités publiques, et n’y apporte de restrictions que lorsque la nécessité sociale l’impose, et que l’expérience établit un tel secteur public. Ainsi cette nécessité constitue un cas de dérogation au principe de la propriété privée et permet d’y faire exception pour un secteur donné ou une richesse donnée.

La société socialiste fait exactement le contraire. La propriété commune y est le principe général qui s’applique à toutes les sortes de richesses du pays, et la propriété privée de certaines richesses du pays n’y est qu’une anomalie et une exception, qu’on pourrait admettre parfois à la suite d’une nécessité sociale contraignante.

   C’est à partir de ces deux théories opposées, du capitalisme et du socialisme, qu’on appelle "société capitaliste" toute société qui croit à la propriété privée comme principe unique, et à la nationalisation comme une exception et un palliatif à une nécessité sociale, et "société socialiste" toute société qui considère la propriété socialiste comme étant le principe, et qui ne reconnaît la propriété privée que dans des cas exceptionnels.

   Quant à la société islamique, elle ne comporte la caractéristique essentielle d’aucune des deux sociétés précitées. Car la Doctrine islamique ne s’accorde ni avec le capitalisme dans son affirmation que la propriété privée est le principe, ni avec le socialisme lorsqu’il considère la propriété socialiste comme principe général. Elle admet en même temps les différentes formes de la propriété lorsqu’elle adopte le principe de la double propriété (propriété à formes diverses) au lieu de celui de la forme unique de la propriété que font leur le capitalisme et le socialisme. C’est un principe qui croit à la propriété privée, à la propriété publique et à la propriété de l’Etat. Il consacre à chacune de ces trois formes de propriété un champ particulier dans lequel elle œuvre, et il ne considère aucune d’elles comme une anomalie, une exception ou un remède provisoire exigé par les circonstances.

Il est donc erroné d’appeler la société islamique, une société capitaliste, même lorsqu’elle autorise la propriété privée d’un certain nombre de capitaux et de moyens de production; car la propriété privée n’y est pas la règle générale.

   De même il est erroné de l’appeler société socialiste même si elle (la société islamique) se sert du principe de la propriété publique et de la propriété de l’Etat, pour certaines richesses et certains capitaux, étant donné que la forme socialiste de la propriété n’y est pas la règle générale. Et enfin, il est aussi erroné de la considérer comme un mélange de celle-ci et de celle-là, car la diversité des formes principales de la propriété dans la société islamique ne signifie pas que l’Islam est un mélange des deux doctrines capitaliste et socialiste, ni qu’il a adopté un aspect de chacune d’elles. Il faut voir dans cette diversité des formes de la propriété qui le caractérise comme un plan doctrinal original fondé sur des règles de pensée précises, et comme un sujet inclus dans un cadre particulier de valeurs et de conceptions qui contredisent les bases, les règles, les valeurs et les conceptions sur lesquels ont été fondés le capitalisme libéral et le socialisme marxiste.

   La preuve la plus évidente de la justesse de la position islamique vis-à-vis de la propriété (possession fondée sur le principe de la double propriété) nous est fournie par la réalité de l’expérience capitaliste et de l’expérience socialiste elles-mêmes, puisque chacune d’elles a été contrainte d’admettre la forme de propriété de l’autre, donc de reconnaître la nécessité d’une forme de propriété opposée à celle qui constitue la règle générale chez elle après que la réalité leur a prouvé l’erreur de l’idée de la forme unique de propriété.

Ainsi, la société capitaliste a commencé depuis longtemps à appliquer l’idée de la nationalisation et à exclure certains secteurs du cadre de la propriété privée. Ce mouvement de nationalisation constitue un aveu, de la part des sociétés capitalistes, de l’inadéquation du principe capitaliste de la propriété, et une tentative de pallier les complications et contradictions découlant de ce principe.

   De même, la société socialiste, malgré son jeune âge, s’est trouvée, sur un autre plan, elle aussi contrainte de reconnaître la propriété privée, tantôt d’une manière légale, tantôt illégale. L’exemple de l’aveu légal est illustré par l’Article sept de la Constitution soviétique, qui stipule: «Chacune des familles de la ferme coopérative obtient, outre le revenu principal provenant de l’Economie commune de la ferme coopérative, un morceau de terrain qui lui est propre et rattaché au lieu de logement ; ce terrain lui permet donc d’avoir une maison d’habitation, une Economie supplémentaire, du bétail productif, des volailles et des instruments agricoles simples, à titre de propriété privée.» L’Article neuf aussi autorise les paysans et les artisans à posséder, individuellement, de petits projets économiques, et permet la constitution de ces petites propriétés à côté du système socialiste en vigueur.

Source: AL-SADR. Mohammed Bãqir, Notre économie, Traduit de l'arabe et édité par Abbas Ahmad Al-Bostani, éd. La cité du savoir, Canada.

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