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  • 25/6/2016
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Ce que le Brexit va changer

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Quitter l'Union européenne : c'est ce qu'ont finalement décidé une majorité de citoyens britanniques le 23 juin 2016. Avec quel impact ? 

 

Le choix des électeurs constitue un profond séisme pour le pays comme pour l'Union européenne. La période qui s'ouvre est pleine d'incertitudes, mais les conséquences du Brexit seront manifestement considérables. Passage en revue de ce que le Brexit va changer...

 

... pour l'économie britannique 

La majorité des économistes et des institutions financières internationales est catégorique : l'économie du Royaume-Uni sera profondément touchée par le Brexit pendant plusieurs années. Son PIB pourrait chuter de 3 à 9 % selon les études. Le FMI envisage de son côté une récession dès 2017 et une montée du chômage à 6,5% d'ici 2018. Reste à savoir si, sur le plus long terme, le pays pourra retrouver sa bonne santé économique.

 

 Principale cause : la fin du libre-échange entre le Royaume-Uni et le reste de l'Union européenne, le premier exportant la moitié de ses biens et services vers le second. Les deux parties vont négocier de nouveaux accords commerciaux, mais cela prendra du temps et l'accès du pays au marché européen sera en tout état de cause modifié.

 

Par ailleurs, les investissements étrangers risquent également de baisser, de nombreuses entreprises étrangères utilisant le Royaume-Uni comme porte d'entrée vers l'Europe.

 

Enfin, les incertitudes politiques de la période à venir n'inciteront pas les marchés à investir dans le pays. Le Royaume-Uni pourrait ainsi perdre son triple A, selon l'agence Standard & Poor's.

 

Par ailleurs, le Royaume-Uni économisera environ 7 milliards de livres par an en ne contribuant plus au budget de l'Union européenne (différence entre son versement et les subventions qu'il perçoit en retour). Mais le fait que le pays ne bénéficie donc plus des subventions européennes pourrait impacter notamment l'agriculture, la recherche et la culture.

 

... pour l'économie européenne 

De son côté, le reste de l'Union européenne devrait également pâtir de son divorce avec la 5e puissance économique mondiale. Les 27 autres Etats membres exportent plus de 10% vers le Royaume-Uni et bénéficient également des importations en provenance du Royaume-Uni. La défiance des investisseurs vis-à-vis du marché européen est, là aussi, à craindre sur le long terme.

 

 ... pour la livre sterling 

Après l'annonce du Brexit, la monnaie britannique a chuté de plus de 10%. S'étant envolée au-dessus de 1,50 dollar le soir du 23 juin, elle a atteint 1,33 dollars le lendemain matin. Si de nombreux analystes avaient pronostiqué un tel choc, ils s'attendent également à ce que l'essentiel de la chute de la livre ait lieu en un jour, mais prévoient plus difficilement ses évolutions futures. 

 

 L'action concertée des grandes banques centrales, dont la Banque d'Angleterre, la Banque centrale européenne, la Banque du Japon et la Réserve fédérale américaine, devrait par ailleurs aider à soutenir la monnaie britannique.

 

 ... pour David Cameron 

Quelques heures après les résultats, et contrairement à ce qu'il avait annoncé jusqu'alors, David Cameron a déclaré qu'il démissionnerait de ses fonctions de Premier ministre - et de chef du Parti conservateur - d'ici trois mois.

 

Il restera en poste jusqu'à la désignation d'un nouveau dirigeant lors du congrès du Parti en octobre. Après la victoire du Brexit, c'est le chef de file de la campagne du "out" et ancien maire de Londres, Boris Johnson, qui est actuellement pressenti.

 

... pour le Parti conservateur 

C'est poussé par la frange eurosceptique du Parti conservateur (et par la montée du parti europhobe UKIP) que David Cameron s'est résolu à promettre, en janvier 2013, un référendum sur la place du pays dans l'Union européenne. Ayant lui-même fait campagne pour le maintien, David Cameron n'a pas pu empêcher une partie des Tories, dont l'ancien maire de Londres Boris Johnson ou le ministre de la Justice Michael Gove, de soutenir le Brexit.

 

Après la victoire de ces derniers, le parti conservateur réussira-t-il à se rassembler de nouveau ? Pour certains analystes, le risque d'implosion du parti conservateur aurait été plus grand encore si le Remain l'avait emporté...

 

… pour le Parti travailliste 

Une grande majorité des députés du Labour ont fait campagne pour le maintien dans l'Union européenne. Dès lors, comment les travaillistes vont-ils rebondir après cette défaite électorale ? C'est le premier d'entre eux, le leader Jeremy Corbyn, qui fait face aux plus de critiques.

 

Déjà pendant la campagne, celui qui avait en 1975 soutenu la sortie du Royaume-Uni de la CEE, était accusé de tenir un discours trop tiède, laissant à d'autres – comme Gordon Brown – la tâche de convaincre des bienfaits de l'Union sur la protection sociale ou les droits des travailleurs. Si bien qu'à deux semaines des élections, la moitié des sympathisants du Labour ne savait pas quelle était la position officielle du parti sur l'enjeu du référendum. Le 24 juin, il fait déjà face à un vote de défiance lancé par deux députées de son camp, au sein duquel il ne fait de toute manière pas l'unanimité depuis son élection en septembre 2015.

 

Toutefois, il est difficile d'imaginer un "putsch" contre le leadership du parti si tôt, alors celui-ci est encore endeuillé suite à l'assassinat de la députée pro-UE Jo Cox le 16 juin.

 

 ... pour l'immigration au Royaume-Uni 

C'était le sujet central de la campagne, et ce qui a probablement fait basculer le vote en faveur du Brexit. En 2015, 300 000 personnes, principalement venues de l'UE, ont immigré au Royaume-Uni, loin des 100 000 prévues par David Cameron. Un afflux de personnes continu depuis qu'en 2004 le pays a ouvert l'accès à son marché du travail aux citoyens des nouveaux membres de l'UE, dont la Pologne, puis plus tard la Bulgarie et la Roumanie.

 

La crise de 2008 a fait monter l'hostilité des Britanniques envers ces nouveaux arrivants, accusés d'exercer une pression croissante sur le système de santé et sur les services de sécurité sociale.

 

En ce qui concerne l'immigration illégale, Emmanuel Macron a, en mars dernier, évoqué une possible rupture des accords du Touquet en place depuis 2003 entre la France et le Royaume-Uni. La France ne retiendrait plus les migrants à Calais et laisserait aux Britanniques le soin de contrôler eux-mêmes les arrivées clandestines sur leurs côtes.

 

… pour l'Ecosse 

L'Ecosse a voté à l'inverse des électeurs anglais, en plébiscitant un maintien dans l'Union européenne à 62%. Le Parti national écossais (SNP) qui contrôle le Parlement d'Ecosse n'en demandait pas tant...

 

Fondamentalement europhiles, les nationalistes ont vu en ce référendum une occasion de brandir la menace d'un second scrutin sur l'indépendance du pays si les Ecossais votaient pour rester et le reste du pays pour quitter l'UE. Nicola Sturgeon, Première ministre SNP a déclaré le 24 juin qu'elle prenait acte de la décision de ses électeurs et qu'elle rencontrerait le président de la Commission européenne le plus tôt possible, tout en soulignant qu'elle avait l'intention de discuter de toutes les options possible pour un maintien de l'Ecosse dans l'UE. Difficile de ne pas voir ici l'ombre d'un second référendum se profiler à l'horizon.

 

... pour l'avenir de l'Union européenne 

Principale interrogation à la suite du Brexit : le sort qui attend désormais l'Union européenne. Celui-ci est évidemment lié à d'innombrables facteurs...

 

 D'autres pays vont-ils à leur tour demander un référendum pour sortir de l'Union européenne ? Plusieurs pays d'Europe centrale ou orientale pourraient être tentés, tandis qu'à l'Ouest les dirigeants d'extrême-droite, comme Marine Le Pen en France ou Geert Wilders aux Pays-Bas, se sont félicités du résultat et promettent d'organiser un tel scrutin s'ils étaient élus.

 

A l'inverse, certains commentateurs voient dans cet événement une opportunité pour réformer l'Union européenne, et ainsi couper court à son éclatement. Une décision qui appartiendrait aux actuels chefs d'Etat et de gouvernements, allemand et français en tête. 

 

 Les dirigeants européens ont prévu de se retrouver lors d'un Sommet les 28 et 29 juin pour décider des suites à donner au choix des Britanniques. Auparavant, les chefs de la diplomatie des six pays fondateurs de l'Union européenne se réunissent samedi à Berlin, puis Angela Merkel recevra lundi François Hollande, le président du Conseil italien Matteo Renzi et le président du Conseil européen Donald Tusk.

 

... pour la place du Royaume-Uni dans l'Union européenne avant son retrait effectif 

D'ici le retrait du Royaume-Uni de l'Union européenne, qui pourrait avoir lieu seulement dans deux ans (la période prévue par l'article 50 du traité sur l'Union européenne), l'Etat reste donc pleinement membre de l'UE.

 

Entre autres, le pays garde ses députés européens ainsi que son commissaire (actuellement Jonathan Hill). En revanche, le Royaume-Uni devait également assurer la présidence tournante du Conseil de l'UE de juillet à décembre 2017, ce qui semble désormais peu probable.

 

... pour l'avenir des relations entre le Royaume-Uni et l'Union européenne 

L'ensemble des relations entre le Royaume-Uni et l'Union européenne va devoir être renégocié. Un travail titanesque, qui touche aussi bien au commerce qu'à la circulation des personnes entre l'île et le continent, sans compter la réorganisation d'une Union européenne à 27.

 

A titre d'exemple, les tractations ont pris des années pour un traité de grande ampleur comme l'accord UE-Canada (qui entrera en application en 2017).

 

Les dirigeants européens semblent déterminés à concéder le moins d'avantages possibles au pays nouvellement sorti, afin d'éviter que d'autres Etats membres soient tentés de faire de même. Toute la difficulté pour l'Union européenne sera d'être suffisamment ferme avec le Royaume-Uni tout en s'efforçant de préserver une partie des nombreux bénéfices réciproques de leur ancienne alliance... 

 

… pour l'anglais dans les institutions européennes 

L'anglais est, en plus d'être la langue officielle de trois pays membres (le Royaume-Uni, l'Irlande et Malte), une des trois langues de travail des institutions européennes, avec l'allemand et le français. Certains espèrent qu'avec le Brexit, la majorité des locuteurs anglophones quitteront les institutions européennes – en particulier les 73 eurodéputés britanniques – ce qui laisserait une plus grande place au français comme langue de travail.

 

Il est toutefois difficile d'imaginer que l'anglais disparaisse totalement des couloirs de Bruxelles et de Strasbourg. Elle reste la langue la plus parlée par les citoyens européens et plus facile à maîtriser que le français ou l'allemand. Elle restera de plus la langue officielle de deux pays membres, l'Irlande et Malte.

 

source: http://www.touteleurope.eu

 

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