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  • 11/5/2008
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Guerre mondiale (7 /7) : la stratégie de « nation building »

Drapeau des Etats-Unis

    La stratégie de Nation building –construction nationale– est une terminologie formulée par les stratégistes américains suite à l’engagement des Etats-Unis dans les affaires du monde, après avoir définitivement abandonné l’isolationnisme et la doctrine Monroe. Il s’agit de s’impliquer directement dans les affaires intérieures d’autres pays afin d’en faire des alliés sûrs et de les intégrer dans un système impérial d’alliance mondiale.

Les pays en faillite

Les pays en faillite sont caractérisés par l’incapacité de l’état, et de manière plus générale, de toute représentation d’autorité contractuelle, à exercer son pouvoir sur les territoires et les populations qu’il est sensé contrôler.

   Cette incapacité naît des divisions internes, qui peuvent avoir une origine ethnique, culturelle, linguistique ou tout autre. Avec Gross, on peut classer ces pays en cinq groupes principaux :

1. les pays anarchiques: démunis de toute forme de gouvernement central et souvent victimes de la vendetta intestine

2. les pays mirage bénéficient en apparence d’un état central mais en réalité son autorité ne couvre pas l’ensemble du territoire

3. les pays anémiques ont un état qui souffre d’une contestation intérieure forte et qui se trouve incapable de répondre aux exigences posées par certaines forces politiques du pays

4. les pays capturés jouissent d’un état fort, dont l’autorité peut ne pas être contestée mais l’appareil d’Etat a été capturé par un groupe particulier incapable de rassembler autour de lui les compétences nécessaires à l’administration du pays et surtout de coordonner les différentes forces politiques du pays

5. les pays avortés sont des pays qui ont connu l’impuissance et l’inanité avant même l’émergence d’un état

   L’institut Rand, qui produit des études stratégiques sur commande de l’armée de l’air américaine (US Air Force), définit ainsi l’itinéraire progressif vers l’état en  faillite : légitimité étatique contestée – efficacité diminuée des gouvernements pour appliquer les politiques étatiques – émergence d’attachements extra étatiques – mise en place de politiques violentes – affaiblissement de la pénétration des politiques étatiques dans le tissu social – état en faillite.

Le « nation-building »

   Selon Francis Fukoyama, le nation building « consiste à créer puis à renforcer les institutions sensibles d’un pays tel les forces armées, la police, l’institution judiciaire, la banque centrale, le système bancaire, le service de la santé, le service d’enseignement, … ». Toutefois, il ne s’agit pas selon lui de mobiliser ensemble tous les domaines culturel, social et historique d’une nation. Le nation building comporte deux étapes dont la première consiste à mettre en place les infrastructures de première nécessité et le tissu économique élémentaire du pays. Une fois la stabilité revenue, la seconde étape consiste à créer les institutions politiques et les unités économiques autonomes permettant à la volonté populaire de s’exercer efficacement sur l’administration du pays et de contribuer à la croissance économique du pays.

Les Etats-Unis et la question du nation building

   Il est évident que les Etats-Unis considère le nation-building comme une technique efficace pour préserver leurs intérêts économiques et politiques dans les pays considérés.

On compte parmi les pays ayant dû faire face à ce phénomène : Cuba, Panama, Nicaraguay, Haiti, République Dominicaine, Allemagne, Japon, Vietnam, Cambodge, Grenade, Somalie, Bosnie.

   La Fondation Carnegie dénombre au moins deux cents interventions américaines dans un territoire étranger, dont seize rentre dans  la définition du nation-building, parmi lesquelles quatorze étaient des interventions unilatérales sans l’assentiment des Nations Unies. Trois facteurs concourrent au succès de l’opération :

1. les particularités intérieures du pays

2. la convergence des intérêts géopolitiques du pays agresseur avec le pays agressé

3. le degré de sérieux du pays agressé dans le développement économique

   Les pays possédant une culture nationale appuyée et un niveau de développement ayant permis de réduire les inégalités économiques entre les franges de la population s’intègrent plus facilement dans le processus de nation-building, contrairement aux pays sous-développés, dont la société opposera une résistance accrue à un processus qu’elle considère avec hostilité. Il faut également prendre en compte le ratio soldats d’occupation / population occupée. Ce ratio s’élevait à 1/10 contre 1/500 dans le cas de l’Afghanistan.

   Mais il reste que le nation-building est autre chose que la formation d’un police et de forces de sécurité. Selon Fukoyama, seul le processus d’intégration politique et la mise en place d’un régime politique accepté permettra de coordonner les efforts des différents organes de l’Etat et de faire cesser les querelles intestines.

 

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