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  • 10/3/2009
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La ville de Qom (2)

   Avec ses centaines de mosquées, de madrasas et de tombeaux, ses milliers d’étudiants, ses femmes en tchador et ses mollãs, Qom demeure une ville secrète, à la spiritualité et à l’activité intellectuelle inaccessibles aux visiteurs occidentaux, et un principal centre d’intérêt (le sanctuaire de Hazrat Ma’ssumeh). La ville n’est donc guère touristique, et plus qu’ailleurs, on y exige une tenue respectueuse de l’Islam.

bazar de qom
On pourra néanmoins voir le bazar, qui compte une belle coupole marchande (timche-ye bozorg). En dehors de Qom, plusieurs caravansérails, généralement d’époque Qãdjãr, jalonnent les routes secondaires Qom-Kãshãn, Qom-Sãveh et Qom-Rey.

   Ville théologienne, Qom n’ignore rien des biens et des nourritures terrestres: elle est connue pour une délicieuse pâtisserie aux amandes et aux pistaches (sohãn), des tapis de soie de haute qualité et une production de céramiques, notamment des perles bleu-turquoise.

   Comme à Mashhad, le tombeau originel du IXe s. a été agrandi, embelli et rénové au cours des siècles. Les bâtiments actuels remontent pour l’essentiel aux Safavides (1501-1732) et au roi Qãdjãr Fath Ali Shãh (1797-1834), qui fit rénover l’ensemble. Les décors de céramiques sont ponctuellement Safavides, mais le plus souvent Qãdjãrs ou modernes.

mausolée de hazrat ma’ssumeh

   Accessible depuis une grande cour, la salle du tombeau est reconnaissable à sa coupole recouverte d’or sous le règne de Fath Ali Shãh. Elle est précédée par un porche soutenu par quatre hautes et fines colonnes et par un iwan, dont les muqarnas1 et les murs brillent grâce à des mosaïques de miroirs. Deux minarets parés de céramiques se dressent sur l’iwan. Le tombeau est entouré de mosquées et de madrasas, formant une petite cité de science et gravitant comme des planètes autour du tombeau de la sainte.

   Plusieurs souverains sont enterrés dans le périmètre: les Safavides Shãh Abbãs 11, Shãh Safi Ier, Shãh Suleymãn, Shãh Hussayn, et les Qãdjãrs Fath Ali Shãh et Mohammad Shãh.

A deux pas de l’enceinte sacrée, un beau musée conserve les objets donnés au cours des siècles au sanctuaire: Corans, textiles, céramiques, pierres gravées, etc.

Note:

1. Muqarnas: Niches ou alvéoles géométriques, curvilignes ou rectilignes, ressemblant parfois à des stalactites. Apparues au IXe s., elles sont d’origine Iranienne, mais le premier exemple connu se trouve au Tadjikistan. Elles décorent les coupoles, les fenêtres, les iwans, les portails, ainsi que les niches d’angle qui assurent la transition entre une coupole et la salle carrée. En créant un jeu changeant de clairs-obscurs et de réverbérations, ils évoquent notamment la relation mystérieuse entre l’Unité divine (la lumière) et sa réfraction changeante dans la création (les muqarnas).

Source: RINGGENBERG. Patrick, Guide culturel de l’Iran, éd. Rowzaneh, Téhéran, 2005, PP.325-326.

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