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1917. La guerre contestée et continuée (2)

la première guerre mondiale

Le front russe

   L’évolution la plus catastrophique est cependant celle de la Russie. La décomposition de l’armée s’aggrave en 1917. Des bandes de déserteurs errent à l’arrière des lignes, pillant et terrorisant les paysans. Depuis l’abdication de Nicolas II lors de la révolution de Février, la Russie n’est plus considérée par ses partenaires comme un allié sûr, malgré les bonnes intentions déclarées du gouvernement provisoire.

En juillet, dans la région de Tarnopol, des mutineries éclatent, réprimées par des centaines d’exécutions.

   Les officiers sont souvent massacrés par leurs propres soldats au lendemain de la tentative de putsch manquée du général Kornilov. L’obstination des autorités à maintenir le pays, exsangue, dans la guerre fait de l’armée un terrain très favorable pour la propagande bolchevique en faveur d’une paix immédiate. Les Allemands ne l’ignorent pas, et favorisent le retour de Lénine, jusque-là exilé en Suisse, en l’autorisant à traverser en train, dans un wagon plombé, le territoire du Reich.

   Peu après la révolution d’Octobre, une proposition unilatérale d’armistice est faite par les bolcheviks le 26 novembre 1917. Les négociations piétinent cependant, compliquées par la formation d’une République ukrainienne autonome.

Lorsque, le 18 février 1918, Kiev (capitale de l’Ukraine sécessionniste) est prise par les bolcheviks, l’Allemagne déclenche sa dernière offensive à l’est, pour ne pas laisser compromettre ses gains territoriaux, et ses troupes sont en quelques jours aux portes de Petrograd.

   Les bolcheviks signent alors le traité de Brest-Litovsk (3 mars 1918), aux termes duquel la Courlande et l’ensemble de la zone balte tombent sous influence allemande, ainsi que le nouvel Etat ukrainien, tandis que les deux Empires centraux se partagent la tutelle de la Pologne. Les buts de guerre du Reich, à l’est, sont atteints au-delà des espérances initiales. Il peut désormais reporter son effort à l’ouest.  

Le tournant de la guerre

En réalité, l’Allemagne ne pourra atteindre cet objectif, car elle devra maintenir à l’est une forte proportion de ses troupes pour contenir les velléités d’indépendance de la Pologne et des Baltes, et surtout pour occuper l’Ukraine, dont les livraisons agricoles lui sont indispensables. Quant au front de l’ouest, la perspective de victoire y devient désormais problématique, du fait de l’entrée en guerre des Etats-Unis, conséquence de la reprise de la guerre sous-marine décidée par Guillaume II et son état-major en janvier 1917.

L’objectif était d’affamer le Royaume-Uni, dont les réserves céréalières étaient faibles, en interdisant la navigation commerciale atlantique. Le risque de rupture diplomatique avec les Etats-Unis était connu et avait été accepté. La guerre sous-marine à outrance occasionne, les premiers mois, des destructions massives, mais est rapidement contrée par les Britanniques, grâce au système des convois escortés par des navires de guerre.  

   Des raisons moins conjoncturelles poussent les Etats-Unis dans le camp de l’Entente, comme les difficultés que connaît leur agriculture (blé et coton), dont les exportations vers l’Europe sont en baisse, et leurs engagements financiers auprès de Paris et de Londres. Vient s’ajouter à ce climat la crise diplomatique provoquée en mars 1917 par l’interception du télégramme Zimmerwald, dans lequel le ministre des Affaires étrangères du Reich enjoint à son chargé d’affaires à Mexico de pousser le Mexique à entrer en guerre contre les Etats-Unis. L’émotion est grande, et la déclaration de guerre est votée par le Congrès le 2 avril 1917. A la suite des Etats-Unis, nombre de pays latino-américains entrent en guerre contre l’Allemagne. Dans l’immédiat, la décision américaine a surtout des effets positifs dans le domaine maritime. Les renforts américains ne seront vraiment d’un poids significatif sur le front ouest qu’au milieu de 1918. Cela explique en grande partie les ultimes préparatifs stratégiques des puissances européennes: l’Allemagne a besoin pour l’emporter, ou tout au moins pour imposer une paix à sa convenance, d’une offensive décisive dès le printemps 1918.  

Source: Memo.fr

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